Maintien du lien pédagogique, affectif et social pour les enfants hospitalisés.

ComEcole

Les dispositifs

 

À la maison

L’enfant est installé à une table avec son ordinateur équipé d’une webcam connectée (Utilisation du logiciel Skype).
Il a préparé devant lui le matériel nécessaire à l’activité qu’il va mener (cahier, crayon, etc.).
Dans un premier temps, nous (parents et enseignants) ne faisions pas particulièrement attention à la tenue de l’enfant. La communication se faisait à sa demande et nous le prenions comme il se présentait (parfois en pyjama). Pourtant, se laver, s’habiller, sont des gestes rituels à instaurer pour « entrer en communication ».
Au même titre que l’enfant va adapter son langage selon son interlocuteur, il est important que la communication non-verbale soit également adaptée. La socialisation consiste à comprendre et partager ces codes culturels non exprimés par le langage.

Une clochette peut s’avérer indispensable pour que l’élève puisse signifier son intention d’intervenir en classe. Sa demande d’intervention se fait alors comme celle d’un autre élève de la classe qui lève le doigt en appelant la maîtresse.

La présence d’un adulte n’est pas forcément nécessaire auprès de l’enfant. Le maître « distant » est son référent durant la séance de communication.
Il est d’ailleurs demandé aux familles, lors de la signature de la convention, de ne pas intervenir et de respecter la confidentialité de la vie de la classe, de l’école et des autres élèves durant les séances de vidéocommunication.

Le grelot (à gauche de l'ordinateur) permet à l’élève de demander la parole.

À l'école

L’ordinateur (connecté en wifi sur internet avec webcam et le logiciel Skype) était initialement placé à côté du maître vers le tableau pour des raisons techniques (encombrement des câbles), de manière à ce que les élèves de la classe voient et entendent leur camarade mais surtout pour sécuriser l’enseignant craintif face à l’utilisation de l’outil informatique.
Nous nous sommes aperçus rapidement que l’ordinateur devait réellement prendre la place de l’élève absent afin de mieux symboliser la présence de ce dernier dans la classe. En effet, la position de l’ordinateur face aux élèves et le caractère occasionnel des communications entérinaient la singularité du dispositif. Pour une bonne intégration, il faut viser la banalité de l’acte : les élèves doivent assimiler le fait qu’il est normal de communiquer de cette façon avec leur camarade. La régularité des situations de communication est facilitatrice pour cet objectif.

La mobilité de la webcam peut permettre de montrer indifféremment le groupe classe, un groupe d’élèves, un élève, le maître, le tableau, ou tout objet en situation. L ’enseignant a la possibilité de changer l’ordinateur de place en fonction des temps de travail et des modes d’organisation du groupe.

Le positionnement de l’ordinateur place l’élève parmi les autres, face au maître.

À noter que son placement sur un bureau à côté d’un élève –plutôt qu’ici en fond de classe- permettrait d’encore mieux le représenter au sein du groupe et de faciliter les interventions de l’enfant.

Un élève de la classe montre la correction à l’élève resté chez lui ou à l’hôpital. Ce que voit l’élève malade resté chez lui.

À l’hôpital

Une salle de classe (généralement une par service) accueille de un à quatre enfants pour des séances de 50 minutes à 2 heures. La différence d’âge des élèves est une réalité prise en compte (séparation des cycles par une cloison à l’IHOP , individualisation pédagogique) mais pas jugée comme une difficulté par les enseignants spécialisés.
La vraie difficulté est de gérer la motivation des enfants (fatigue, phases d’aplasie). Il est en effet gênant de faire classe « au pied du lit » (selon l’expression des enseignants) en même temps que les soins. C’est pourquoi les maîtres accordent de l’importance à symboliser le lieu scolaire, pour exemple par des affichages didactiques ou le fait que l’enfant s’habille pour « aller en classe ». Ainsi les repères sont bien identifiés par l’enfant : la classe est un lieu pour apprendre, la salle d’animation gérée par une éducatrice pour se détendre, la chambre pour se reposer et être soigné.

L’entourage familial peut participer à ce moment de communication chaleureux.

Dans l’encart, la classe au complet chante avec les enfants hospitalisés.

Sur l’écran, on peut voir les autres et se voir.

Pour des raisons diverses (protection de l’image de l’enfant hospitalisé) on peut choisir de ne pas déclencher sa webcam (mais on perd la structuration de « l’image de soi » de l’enfant).

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