Maintien du lien pédagogique, affectif et social pour les enfants hospitalisés.

ComEcole

Interview de la maman de Marwa

- lundi 19 octobre 2009 -

 

Le dispositif ComÉcole

« J'ai découvert ComÉcole par Marie-Hélène FAYE, enseignante à l'IHOP. C'est elle qui m'a parlé de ce dispositif, en complément de l'APAD. J'ai alors joint Mme Lecarpentier, responsable de l'APAD. »
Au début, Marwa a refusé, elle perdait ses cheveux, elle avait une image d'elle-même très dégradée, elle était en colère contre la maladie, elle ne voulait pas que d'autres la voient.
L'installation a été réalisée néanmoins, à l'école comme à la maison. Le maître de la classe de CE2, M Grégoire FREALLE, était très motivé, et a communiqué rapidement avec Marwa, la mettant en confiance et la faisant vite participer à la vie de la classe, la sollicitant, lui donnant des responsabilités.
Les premières communications se sont faites « à sens unique », Marwa retournait la webcam, elle voyait sa classe mais sa classe ne la voyait pas. Puis, petit à petit, les choses ont évolué, notamment grâce au maître et une bonne communication enseignant/famille.
La première vraie communication en visioconférence s’est faite à l’occasion d’un exposé qu’avait préparé Marwa, et qui avait été projeté à toute la classe…les réticences étaient vaincues. Les élèves de la classe ont toujours été très respectueux de Marwa, ils ont beaucoup communiqué, d’abord sans l’image, puis avec, quand Marwa en a été d’accord.
Parallèlement, l’APAD avait démarré avec Mme Catherine TROCCAZ, enseignante de l’école de Marwa. L’APAD a été vécu comme un complément de la « classe » avec ComÉcole.
Il n’y a jamais eu de problème technique, Marwa était autonome quant au matériel et n’avait pas besoin de personne pour se connecter. Une seule fois, le micro a été en panne, remplacé très rapidement à la maison par le technicien d’ARWEN. L’utlisation de SKYPE était nouvelle pour la famille qui ne connaissait pas le logiciel mais s’y est mis facilement.
Une seule fois dans l’année, l’ordinateur et son système de visiocommunication a été utilisé dans le cadre privé, pour discuter avec des cousines.

Les temps d'enseignement

Ce système APAD et ComÉcole a duré une année scolaire complète, de septembre 2008 à juin 2009. Marwa a bénéficié de 3 heures et demie de "classe" par jour, et elle avait 3 heures d'APAD par semaine, soit une moyenne de 17 heures d'enseignement hebdomadaire. La maman de Marwa lui faisait faire ses devoirs en dehors des temps de "classe".
Marwa avait un emploi du temps très précis, élaboré par le maître de la classe.
Il y avait des plages « en vert », les élèves n’étaient pas dans leur classe (EPS, informatique, arts visuels …) ce n’était pas la peine que Marwa se connecte. Il y avait également des plages « en orange », Marwa pouvait se connecter mais les activités de la classe permettaient peu sa participation. Il y avait enfin les plages « en rouge » où la participation de Marwa était obligatoire, et elle s’est tenue à cet emploi du temps, la maman en étant le garant.
Les temps de soins ont été très lourds, et c’est l’IHOP qui prenait le relais de l’enseignement. L’enseignante spécialisée a participé activement à la scolarité de Marwa pendant cette année.
À la maison, les temps de « classe » étaient ritualisés : l’ordinateur était dans la salle de séjour, avec le casque et le micro. Marwa avait son cartable et toutes ses affaires scolaires. Quand elle était connectée, la maman quittait la pièce et laissait Marwa travailler « comme à l’école ».
Marwa a eu une vie scolaire pendant toute l’année, elle était comme les autres, elle avait des responsabilités que lui donnait le maître, comme les autres.
Elle a utilisé un certain nombre de logiciels présents dans l’ordinateur (20/20 en mathématiques pour exemple) et possédait une clé USB pour faire passe les devoirs d’expression écrite (création de poèmes) et les exposés demandés par le maître.

Un bilan de cette expérience.

« Le dispositif ComÉcole a transformé ma fille. Elle était très timide, très réservée, et aujourd’hui, elle est autonome et pus extravertie. »
Cela a été des rencontres humaines. Nous, parents, nous étions complètement démunis. Les enseignants nous ont « tirés vers le haut » , ils nous ont guidés, que ce soient les enseignants de l’IHOP ainsi que la psychologue, ou les enseignants de l’école et de l’APAD.
J’ai pu traiter  ma fille comme si elle n’était pas malade, parce qu’elle avait la même vie que les autres enfants sauf qu’elle était à la maison.
ComÉcole a contribué à la guérison de ma fille. Elle avait ses devoirs, son cahier de textes, tout le monde a joué le jeu. J’ai bien conscience que cela a donné beaucoup de travail au maître de la classe et à l’enseignante de l’APAD, avec des difficultés pour avoir du matériel stérile à amener à Marwa, pour faire le lien entre toutes les personnes qui intervenaient…
« Pour moi, et pour Marwa, c’est une expérience humaine faite de rencontres. »

 

 

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