Maintien du lien pédagogique, affectif et social pour les enfants hospitalisés.

ComEcole

Pourquoi maintenir le lien est indispensable ?

 

La théorie générale des besoins de Maslow - que les praticiens ont modélisée sous la forme de la « pyramide de Maslow » ci-dessous - nous permet de mettre en évidence les carences de développement engendrées par la séparation de l’enfant de son groupe.

Dans un deuxième temps, les apports de Boris Cyrulnik sur la résilience montreront que, en aménageant son environnement, on peut aider l’enfant à se reconstruire.


Dans le cas d’un enfant isolé pour des raisons médicales, même si son hospitalisation est prévue, on constate par l’observation de symptômes relevant de l'hospitalisme* , que son développement est gêné voire arrêté.

Le rôle de l’hôpital est alors de répondre aux deux premiers besoins fondamentaux de l’enfant défini par Maslow :

Mais les conditions mêmes de son traitement médical se révèlent être un frein à l’accomplissement des autres besoins que, par son jeune âge, il est censé être en train de développer. D’autant que son égocentrisme se trouve renforcé par son isolement et l’attention que lui portent à juste titre sa famille et l’hôpital.
Ces autres niveaux de besoin sont :

La socialisation est un processus par lequel sont transmises des valeurs et des normes (repères culturels, patrimoine commun, statuts sociaux) dans le but de construire une identité sociale et d'intégrer l'individu à la société.
À noter que ce niveau est logiquement développé entre 5 et 10 ans (donc à l’âge de la scolarité primaire) dans l’interprétation chronologique que font Mishara et Riedel de la pyramide de Maslow.

Les liens affectif et social

Depuis les travaux de Spitz sur les enfants élevés en hôpitaux, nous savons que les apports affectifs et relationnels sont aussi nécessaires à la survie et au développement de l’enfant que la nourriture et les soins d’hygiène. Un bébé peut mourir d’indifférence ou en garder des troubles irréversibles du développement psychomoteur.
Le psychiatre John Bowlby* a également accordé une importance particulière au développement socio-affectif des enfants pour élaborer sa théorie sur l’attachement.  Il infère de ses observations que les fondements de la personnalité de l'adulte se construisent à partir de la sociabilité de l'enfant.  La relation d'attachement contribue au développement des habiletés sociales et affectives des jeunes enfants.  En effet, le premier lien avec ses parents que connaît l'enfant devient par la force des choses le premier modèle de ce qu'est une relation et de ce qu'il peut en attendre.
Bowlby a observé que les enfants séjournant dans un hôpital, éloignés de leurs parents pour une longue durée et qui n'avaient pas accès à un substitut maternel stable (dès l'âge de six mois environ) exprimaient de la détresse et que, plus le séjour s'allongeait, plus les troubles étaient considérables au retour dans le foyer d'origine.  Ces troubles étaient des réactions de protestation, de désespoir et de détachement.  La conclusion en est que la perte de la figure maternelle pendant la période de la petite enfance est un événement déterminant dans l'établissement de la personnalité.

Lors de l’hospitalisation des élèves, nous avons pu constater systématiquement les 3 phases décrites par Bowlby:

La résilience

Deux psychologues scolaires américaines (Werner et Smith), ont montré, dans les années quarante, que des enfants à risque psychopathologique, condamnés à présenter des troubles, « s'en sortaient » grâce à des qualités individuelles ou des opportunités de l’environnement.

Selon Boris Cyrulnik, qui a réactualisé le terme de résilience, il s’agit de la capacité à vivre et à se développer en dépit de l’adversité.
Il n’y aurait pas de profil particulier en fonction des différentes cultures et des modes de vie, de l’enfant résilient. Le développement de la personnalité de l’enfant est étroitement lié aux relations parents-enfants.
La question concernera la capacité de ces enfants à s’engager dans des relations affectives. Ces enfants « carencés » sont dans le chagrin mais continuent de s’orienter vers les autres.
C’est pourquoi, le personnel hospitalier doit être en mesure de donner à l’enfant différents soins pour répondre à ses besoins alimentaires et à certaines exigences de propreté et d’hygiène, et lui apporter confort et bien-être. L’enfant doit profiter de ce confort et de ce bien-être et savoir le montrer. L’enfant construit avec l’adulte qui s’occupe de lui (qui répond à ses besoins primitifs) une relation affective, réelle et significative. C’est ainsi que les enfants résilients se mettent dans la démarche de recherche d’apparentement qui leur permettra d’entrer dans un groupe social. Ensuite, ils se forgent une « identité » dans ce groupe.
 Cyrulnik fait la différence entre les enfants qui auraient eu une enfance « sécure » (ceux-ci pourraient être « rattrapés » car en capacité d’instaurer des liens, de s’engager dans une relation et devenir résilients) et ceux qui n’auraient pas bénéficié de cette sécurité.
La pédiatre Mia Kellmer Springle définit l’enfance « sécure » comme un ensemble d’interactions entre la mère et l’enfant satisfaisants les besoins de base.

Le lien pédagogique

Les programmes participent à la construction de l’élève. La loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École du 23 avril 2005 définit le socle commun en le liant à la fois aux enjeux de la scolarité obligatoire, aux impératifs de formation tout au long de la vie, à la construction de la personnalité et à la vie en société.
Le socle commun intègre l'ambition d'offrir à chacun les moyens de développer toutes ses facultés en mettant en valeur toutes les formes d’intelligence et toutes les aptitudes. Le décret du 11 juillet 2006, pris en application de la loi, organise le contenu du socle commun autour de sept piliers, dont :

Il a été constaté que le déficit éducatif  pouvait engendrer un retard du développement intellectuel chez les sujets carencés, parfois irréversible quelques soient les bonnes conditions éducatives ou soins ultérieurs, certaines fonctions pouvant être plus affectées que d'autres (fonction symbolique, langage, fonctions logiques).
Mais, la carence d'autorité existe également. Elle peut être à l'origine de difficultés dans la maturation de la personnalité. L’enfant se montrera alors agressif, révolté, ou désinvolte. Par difficulté de communication, ces enfants intériorisent leurs conflits et ne leurs permettent de s'extérioriser que sous la forme d'impulsions agressives.

C’est conséquemment à ces divers constats théoriques et pratiques qu’a été mise en évidence la nécessité de mettre en œuvre le dispositif ComEcole.

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